MARIE FRANCOISE - Ep 03 & 04

07 Dec. 21

#3  La bête noire  

Je suis rentrée en intérim. C'est moi qu'ai trouvé le travail. Bien sûr, dans cette boite, on s'est tout de suite entendus puisqu'eux ils avaient trouvé le gros lot. J’ai été formée. C’est la première fois de ma vie où on m’a vraiment formée. J'étais bien rémunérée. Ils m'ont mis une personne fragile, qu'avait eu un accident dans la boite, Christine, elle s’appelait, et un chef d'équipe passe et se met à gueuler : Christine, elle tremblait. Excuse-moi, je lui dis, tu peux dire bonjour. T'es pas rasé. Tu pourrais nous dire bonjour et arrêter de gueuler. Les cadences, ça va, on sait qu'on est les meilleures. Retourne à ton truc. Moi je vais me débrouiller. Et on va pas casser la cadence. Pas de chance pour le gars, le directeur est passé une demi-heure après. Et là je lui raconte. Ça a apaisé les choses. Il harcelait d'autres filles. Ça je l'ai su après. Y'a des filles qu'ont eu des problèmes de nuit. Une fille venait tous les soirs en pleurant. J’ai été en reparler au directeur. Mais le gars était protégé. Il nous parlait avec un air... C’était du mépris. Si certaines filles pouvaient coucher avec lui, ça se passait très bien. Sinon, débrouille-toi toute seule, t'as pas besoin de mes services. Il a finalement été viré.  

Une bête noire.  

C’était une vraie bête noire.  

#4 Jean Paul Gaultier  

Dans une boite d'emballage où j’étais, ils ont l'opportunité de faire un cofret pour Noël, pour un parfum homme et femme. Moi, j'avais fait un beau parcours - mon chef m’appelait Madame Perle ! - mais en tant qu'intérimaire on n'était pas prioritaire. C’était des filles plus confirmées qui travaillaient sur le projet. Mais pour les deux filles, c’était trop de stress, et puis ils avaient un problème avec les billes de polystyrène. Alors ils sont venus me chercher. Parce que je m'intéressais. J'avais rien demandé. Ils me disent : on va avoir besoin de toi, Marie. Est-ce que tu pourrais venir pour le coffret Jean-Paul Gaultier ? Ah ouais ??! On a essayé de résoudre le problème mais c'était compliqué. Y'avait un cadre, ouvert, avec les lettres GAULTIER tout en bas. Extérieurement y'avait de jolis flocons de neige. Et puis l'emplacement pour le mécanisme. Après y'avait le couvercle. Et il devait pas y avoir une petite bille dans une lettre en moins. Le chef se tenait à côté de moi. On cherchait. Ce serait pas une question de température ? C’était ça ! C’est de là qu’on a eu le top départ. J’ai travaillé sur ces coffrets pendant un an et demi. C’était pour le Noël 2011. S’il y avait le moindre problème, là, le chef venait tout de suite. C’était Jean-Paul Gaultier quoi. 

La suite au prochain épisode...


Un grand merci à Hector de la Vallée pour le travail créatif sur le portrait.